La voix de Roque, le jeune jésuite

2019-11-18_paraguay-s-roque_main

La tournée que le père Arturo Sosa fait dans la Province du Paraguay l’a conduit, ce 14 novembre, dans leDepartamento de Misiones. C’est là que plusieurs des communautés mises sur pied par les jésuites du 17e siècle ont pris forme dans ce qui est universellement connu comme les « Réductions du Paraguay ». Un des grands initiateurs de cette expérience pastorale d’ouverture, de service et de développement pour le monde indigène a été le jésuite Roque González. Nous avons demandé au P. Adán Jacquet, de la Province du Paraguay, en quoi la figure de ce pionnier - et saint martyr - est encore significative aujourd’hui.

La chronique de Roque González nous raconte qu’après son martyre, alors que son corps était consumé au bûcher, on entendit une voix disant : « Bien qu’ils me tuent, je ne meurs pas ». Le cours des événements confirmera que la vie de Roque a été imprégnée de gestes et de signes d’immortalité authentique. Aujourd’hui, sa mémoire est encore vivante et ses idéaux restent pleinement valables.

Qu’est-ce que ni la hache ni le feu n’ont pu faire taire chez le jésuite Roque González, comment peut-on être sûr que son idéal n’a pas en fait cédé devant la tristesse de la mort ? La façon dont le père Roque comprenait et assumait ce que nous appelons la justice n’était pas négociable et ne se prêtait pas à des malentendus : « les indigènes doivent être libres selon la loi naturelle, divine et humaine ». Cette conviction ne pouvait pas et n’est pas morte, parce que « la miséricorde de Dieu est éternelle ». Roque González continue d’être un reflet clair de la compassion de Dieu qui déborde sans cesse pour l’humanité.

Aujourd’hui encore, la voix de Roque González continue à résonner dans l’apostolat des laïcs ignatiens et des jésuites qui vivent consacrés à « la mission de Réconciliation et de Justice ». Tant qu’il y aura un opprimé et un humilié par ses frères, la voix de Roque brisera le feu de l’apathie pour rappeler la référence commune à tous les chrétiens : « Quoi que vous ayez fait pour un de ces petits de mes frères, vous l’avez fait pour moi » (Mt 25, 40). Dans l’indigène exploité Roque pouvait contempler la passion même de Jésus, écrasé par la misère de l’égoïsme.

Est-il possible aujourd’hui d’accomplir le même exploit de Roque dans cette société si polluée et surchargée d’idoles ? Roque nous disait avec certitude que son exploit n’était rien d’autre que « l'exploit de Dieu ». Le secret est de laisser Jésus toucher notre cœur et de l’orienter vers la volonté du Père, vers la fraternité, l’amour, la liberté et la joie du service. Pour Dieu, rien n’est impossible, parce qu’Il est Amour ; et pour ceux qui restent dans l’Amour, il n’y a pas de défi qui nous fasse baisser la tête, ni de bûcher pour nous faire taire.

Roque González de Santa Cruz et vos compagnons martyrs, merci pour votre intercession assidue.

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Publié par Communications Office - Editor in Curia Generalizia
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