Beit Alberto Hurtado SJ : Centre communautaire jésuite à Damas-Jaramana, Syrie

Après 14 ans de guerre, le conflit syrien a détruit non seulement l’infrastructure du pays mais aussi les racines des relations sociales et la confiance chez les syriens. La société syrienne est devenue complètement fracturée. Cette fracture sociale a un impact et des conséquences à long terme qui rendront très difficile la réconciliation et la reconstruction de la confiance entre les différents groupes de la société.

Dans ce contexte, la jeunesse porte un lourd fardeau sur ses épaules. En effet, depuis le début de la guerre, l’espoir reposait sur les jeunes, hommes et femmes, pour construire l’avenir du pays et pour soutenir leurs familles. Malheureusement, ces jeunes ont grandi dans des conditions qui les empêchent à réaliser leur simple ambition de finir leurs études et de trouver un travail. A l’époque du service militaire obligatoire, les jeunes repoussent la fin de leurs études, autant que possible, pour éviter de partir à la guerre. Avec la crise économique, leurs ambitions académiques sont devenues l’un de leurs derniers soucis. Aujourd’hui, malgré la fin du régime, rien n’est claire pour la jeunesse, son seul espoir c’est de partir à l’étranger, peu importe à quel point soit difficile de voyager. Dans cette réalité, les jeunes se trouvent devant leurs grandes décisions de leurs vies sans avoir ni le temps ni les moyens pour discerner sur leur avenir. En résumé, la jeunesse est une des principales victimes de ces années de guerre : touchée par l’insécurité, le chômage, la crise économique.

L’année 2020, les jésuites ont ouvert le centre Beit Alberto Hurtado SJ à Jaramana dans la banlieue de Damas. Le choix de Jaramana vient du désir d’aller vers les frontières apostoliques, vers un quartier pauvre, populaire, d’une grande diversité religieuse et pour être auprès des déplacés de la guerre venant de toute la Syrie. Avant la guerre, ce quartier était habité par une majorité druze avec plusieurs minorités : ismaélite, alaouite, chrétienne, etc. et il comptait avec environ 800.000 habitants. Aujourd’hui, Jaramana compte avec plus de 2,5 millions d’habitants, la grande majorité sont les déplacés internes d’Idlib, Raqqa, Al-Hasakah, Homs, Hama, etc.

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Beit Alberto veut être une réponse aux Préférences apostoliques universelles de la Compagnie de Jésus ; pour cela, il est au service de la jeunesse. Ces jeunes syriens qui se trouvent parmi les plus pauvres, pas uniquement pauvres économiquement mais pauvres aussi d’espérance et d’avenir. Pour accomplir cette mission, Beit Alberto a pour objectifs d’être un lieu de rencontre et de soutien (éducatif, de développement personnel et spirituel) où les jeunes de toutes les religions, classes sociales, etc. puissent se retrouver et donner du sens à leurs vies. Un lieu qui encourage les jeunes à ouvrir de nouveaux horizons pour construire leur avenir malgré tous leurs énormes défis. Un espace qui aide à recoudre le tissu social d’une société déchirée et polarisée.

Pour réaliser ses objectifs, Beit Alberto ouvre une bibliothèque pour les étudiants universitaires, avec une ambiance fraternelle qui aide à travailler, à étudier et à être créatif. Également, il organise différentes ateliers artistiques, formations éducatives et de développement personnel, activités culturelles, sportives et de loisir. Enfin, Beit Alberto accompagne aussi la jeunesse en proposant des activités spirituelles comme les retraites, les weekends et les prières inspirés dans la spiritualité jésuite.

Le centre s’appelle « Beit Alberto Hurtado SJ » ou « maison d’Alberto », ce nom exprime ce que nous, les jésuites, souhaitons pour cet espace : nous voulons être plus qu’un institut éducatif ou culturel, nous voulons être une « maison » pour tous, où chaque personne soit à l’aise, respectée et accueillie, où chaque personne trouve sa place. Une maison où nous pouvons vivre, partager, créer, dialoguer et collaborer avec les autres (chrétiens, musulmans, druzes, etc.). Après la fin du régime et en face des conséquences inconnues qui ont augmenté la sensibilité au niveau du sectarisme, spécialement chez les minorités, Beit Alberto reste ouvert à tout le monde tout en étant un signe de ce que nous rêvons pour la nouvelle Syrie : un espace pour tous, qui cherche le respect et le développement de l’être humain dans toutes ses dimensions.

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Publié par Communications Office - Editor in Curia Generalizia
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