La réception de la synodalité : l’occasion d’être partenaires dans la mission commune
Par Jenny Girard Malley, MA - Vice-doyenne,
Student and Community Life
Jesuit School of Theology de la Santa Clara University
Le 22 juillet, les communautés catholiques du monde entier ont célébré la fête de Marie-Madeleine, la première prédicatrice du Christ ressuscité. Sa vision, sa voix et son message continuent d’être un témoignage profond et un appel à l’action, en particulier pour les femmes catholiques qui recherchent « une dignité égale en tant que membres du Peuple de Dieu » avec « une reconnaissance plus complète de leurs charismes, de leur vocation et de leur place dans tous les domaines de la vie de l’Église ».
À l’issue de la deuxième session de l’Assemblée générale du Synode qui s’est tenue l’année dernière, l’Église est entrée dans une phase de mise en œuvre qui concerne, à leur niveau, les communautés paroissiales, les écoles théologiques et les centres épiscopaux. Sœur Nathalie Becquart, XMCJ, sous-secrétaire du Secrétariat général du Synode, décrit cette période comme le moment où l’Église reçoit le Synode tel qu’il découle de l’ecclésiologie du Concile Vatican II. Elle reconnaît que « pour la première fois, le Pape François a directement approuvé le document final du Synode (en tant que) partie intégrante du Magistère ordinaire ; et il est maintenant demandé de le mettre en pratique, de le faire fructifier avec créativité, dans la diversité des contextes des Églises locales ». Au début de son pontificat, le Pape François a exprimé son soutien total, reconnaissant que « la synodalité est un style, une attitude qui nous aide à être Église, en favorisant des expériences authentiques de participation et de communion ».
À la Jesuit School of Theology de la Santa Clara University (JST-SCU), nous comprenons que le travail de consultation et de discernement du Synode sur la synodalité est désormais mûr pour être récolté et que c’est notre mission d’inspirer l’Église à accueillir chacun comme auditeur, participant et protagoniste de cet héritage synodal si évident. Notre séminaire, en collaboration avec l’ensemble de la communauté universitaire de la SCU, a prévu et organisé une conférence d’une journée en avril 2025 intitulée « Together At The Table: Inspiring Synodal Action in Mission » (Ensemble à table : inspirer l'action synodale dans la mission), au cours de laquelle les membres de la communauté se sont retrouvés les uns à côté des autres, autour de tables rondes, pour discuter et prier. En entrant dans une manière d’être Église à la fois nouvelle et profondément enracinée dans notre histoire catholique, les participants ont été invités à faire entendre leur voix et à jouer un rôle dans le processus de mise en œuvre à venir.
Tout au long de la journée, notre invité, le cardinal Mario Grech, secrétaire général du Secrétariat général du Synode, nous a partagé des réflexions théologiques en vue de nous inciter à approfondir notre propre réflexion. Ses paroles nous ont situés dans une perspective internationale ; elles ont été d’un grand encouragement et elles ont créé un lien personnel avec un dirigeant du Vatican qui aime notre Église catholique et qui nous appelle à participer à son renouvellement continu.
Ce que j’ai vécu ce jour-là m’a rendu à la fois joyeuse et humble. De nombreux participants ont exprimé leur surprise, même par des larmes, en ayant enfin pu faire l’expérience concrète d’une Église à l’écoute. Les conversations spirituelles autour des tables rondes étaient une nouveauté pour presque tout le monde ; mais la profondeur de la confiance, dans le dialogue qui en a résulté, était palpable. Ma joie d’avoir participé à la conception et à l’animation de cette journée, était marquée par la grâce, tout en étant une fois de plus émerveillée par le simple désir de tant de personnes d’être simplement écoutées. J’ai été profondément touchée par cette soif profonde d’une Église qui écoute et répond aux signes des temps. Cette soif animait toutes les personnes présentes, mais elle était particulièrement vive chez les femmes.
En réfléchissant à l’impact de ce Synode et aux répercussions de sa mise en œuvre, je me rappelle que « ...une spiritualité saine nécessite une guérison de l’imagination, qui nous permettra non seulement de penser différemment à Dieu, mais aussi de faire une expérience différente de Dieu. L’imagination n’est pas accessible d’abord aux idées abstraites, mais au langage, aux images, à l’expérience interpersonnelle, au symbolisme, à l’art - toutes les approches intégrées qui font appel simultanément à l’intellect, à la volonté et au sentiment. » Comme le dit si judicieusement le Dr Sandra Schneider, professeure émérite de la JST-SCU, notre manière catholique d’imaginer influencera la réception locale du Synode. Si elle est accueillie et acceptée, notre réponse sera une proclamation aimante de notre contexte spirituel catholique. Nous serons renouvelés par une manière d’imaginer qui jaillit de nos relations personnelles les uns avec les autres et avec le Saint-Esprit, notre avocat, qui nous envoie en mission dans le monde.
Dans ce travail, les femmes sont indispensables. Les jeunes sont essentiels. Les communautés et les paroisses marginalisées sont vitales. L’invitation qui nous est adressée n’est pas de nous contenter d’observer de loin ce qui se passe. Nous devons plutôt nous tenir fièrement debout, être présents à la table et revendiquer la place qui nous revient de droit depuis notre baptême.
Notre conférence d’une journée a été un petit moment de rassemblement, un caillou jeté dans les eaux de notre Église catholique. Néanmoins, j’ai senti l’Esprit et j’ai vu la possibilité qui s’offre lorsque les fidèles catholiques se rencontrent. En tant que partenaires et prophètes, nous pouvons tous nous rencontrer en Église et la magnifier. En tant que témoins, en solidarité et en synodalité, diffusons la bonne nouvelle de Jésus-Christ, comme l’a fait Marie-Madeleine il y a deux millénaires. Je suis enthousiaste à l’idée de ce qui peut naître de la mission commune d’écouter, d’imaginer et de former ensemble notre Église.







