Ensemble dans la mission : les Supérieurs Majeurs réfléchissent à la collaboration au sein de la Compagnie de Jésus
À mi-parcours de la Réunion des Supérieurs Majeurs, l’attention s’est portée sur un thème qui caractérise la vie jésuite aujourd’hui : la collaboration et le partenariat missionnaire. Partout dans le monde, les jésuites partagent leur travail avec des collègues laïcs, des religieux et religieuses, et des partenaires qui apportent chacun leurs dons, leurs talents et leurs convictions au service de la mission.
Manuel Martínez (associé pour la collaboration dans la mission) et le père Seán Michaelson (Province de l’Ouest des États-Unis), ont animé la réflexion sur le thème du jour, en présentant leur expérience de l’état actuel de la collaboration dans la mission, les défis à relever et la direction que l’Esprit pourrait donner à la Compagnie de Jésus aujourd’hui. Ils se sont appuyés sur les résultats d’un questionnaire envoyé aux jésuites et aux collaborateurs laïcs du monde entier, ainsi que sur les fruits de rencontres avec des experts travaillant dans le domaine du développement de la collaboration dans la mission.
Manuel a fait remarquer que le mot « collaboration » peut parfois être mal compris. « La collaboration, bien que reconnue comme essentielle à la mission jésuite, reste une réalité ambiguë. Elle est profondément relationnelle dans son essence, mais encore mal définie dans sa signification et dans la manière dont elle se traduit dans les structures de la Compagnie », a-t-il déclaré. « Il est également vrai, comme l’a souligné le document De Statu Societatis, que des termes tels que collaborateur, partenaire/compagnon dans la mission et collègue dans la mission sont utilisés de manière incohérente et manquent souvent de clarté, ce qui conduit à de nombreux malentendus, notamment en ce qui concerne le point suivant : le fait que l’interdépendance est fondamentale pour la collaboration. »
Les présentateurs ont insisté sur le fait que la collaboration doit reposer sur la spiritualité ignatienne en tant que fondement commun du sens, de l’identité et de l’engagement. De plus, la formation continue des laïcs est essentielle, tout comme l’approfondissement de l’engagement envers la mission du Christ.
Les présentations ont également reconnu les défis à relever : une véritable collaboration nécessite de la confiance, une formation et une communication claire. Elle demande aux jésuites d’écouter et de continuer à développer des structures qui favorisent une culture de collaboration mettant l’accent sur un partenariat missionnaire large et efficace, lié d’une manière authentique à la gouvernance de la Compagnie de Jésus.
« Ce que nous avons appris, c’est que la collaboration n’est pas seulement une façon de faire quelque chose, mais qu’elle accomplit en soi la mission de la Compagnie et de l’Église. En travaillant les uns avec les autres, nous grandissons dans l’amour, l’engagement et la compréhension mutuelle. La collaboration n’est pas un moyen d’atteindre une fin ; collaborer pour la mission de l’Église et de la Compagnie est en soi une partie fondamentale de cette mission. »
Tout au long des échanges, il est clairement ressorti que la collaboration dans la mission de la Compagnie n’est pas seulement une nécessité pratique, mais aussi une opportunité spirituelle et stratégique. Dans un monde fragmenté, elle invite la Compagnie à passer d’un modèle d’accueil des autres pour contribuer à notre mission à un modèle dans lequel la mission est discernée et portée ensemble.
Les Supérieurs Majeurs ont eu l’occasion d’approfondir leurs réflexions sur le thème en petits groupes, puis de les rassembler lors d’une session plénière. À la fin de la journée dédiée à ce thème, il était clair que la force de la Compagnie, au-delà des chiffres, réside également dans les relations : marcher ensemble, discerner ensemble et avoir confiance que nous tous, jésuites et collaborateurs laïcs, avons un rôle à jouer dans la mission du Christ.







