La conversation spirituelle, un outil de discernement partagé | Éclairer le Chemin
Luis Valdés Castellanos, jésuite de la Province du Mexique, évoque le rôle essentiel de la conversation spirituelle en tant qu’outil de discernement partagé au sein des communautés religieuses. Il souligne que ni le discernement ni la conversation spirituelle ne sont l’apanage de la Compagnie de Jésus (les jésuites), mais qu’il s’agit plutôt de traditions de longue date au sein de l’Église dans son ensemble.
Le père Castellanos fait remonter cette pratique à saint Ignace de Loyola, fondateur des jésuites, qui a commencé à recourir aux conversations spirituelles à Manresa pour partager ses expériences intérieures sur les mouvements émotionnels et spirituels (« mociones »). Cette pratique de réflexion était essentielle pour aider les autres dans leur cheminement spirituel. Saint Ignace recommandait aux jésuites de s’engager profondément dans des conversations sur leur vie intérieure, jetant ainsi les bases de plusieurs siècles d’engagement jésuite dans le discernement spirituel.
En s’appuyant sur sa vaste expérience d’enseignant de cours sur la conversation spirituelle en Amérique latine et au sein de sa propre Province, le père Castellanos met en évidence les principaux défis auxquels les jésuites sont confrontés pour adopter efficacement cette méthode. Un obstacle majeur consiste à surmonter le cléricalisme – une mentalité hiérarchique qui place le clergé au-dessus des laïcs, ce qui peut étouffer un dialogue honnête entre égaux. Au contraire, la conversation spirituelle exige une approche égalitaire, où jésuites et laïcs se rencontrent « horizontalement », en se respectant mutuellement comme des égaux.
Le père Castellanos identifie en outre le défi consistant à cultiver une nouvelle manière d’écouter. Cette pratique exige plus que la simple préparation d’une réponse ; elle requiert une attention totale à ses sentiments intérieurs tout en écoutant les autres, et favorise ainsi une empathie authentique et une sensibilité spirituelle. Les jésuites comme les laïcs doivent développer cette écoute respectueuse et empathique pour approfondir la compréhension mutuelle et le discernement. En somme, le succès de la conversation spirituelle dépend de la capacité à éviter l’abus de pouvoir et à adopter une ouverture commune à l’Esprit, une écoute attentive et un engagement empathique.







