« Mon retour à la vie » – Service Yezu Mwiza

Service Yezu Mwiza (SYM) est une organisation chrétienne à vocation socio-médicale qui se consacre à la lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme. Elle promeut en même temps des soins de santé holistiques et la justice sociale. Fondée en 2008, elle fonctionne comme un centre de référence majeur sous la responsabilité des jésuites au Burundi. En 2025, elle a ouvert le Centre de Traitement Agoniste aux Opioïdes (TAO), le premier centre de ce type au Burundi dédié à l’accompagnement des personnes aux prises avec une dépendance aux drogues. S’inscrivant dans la mission sociale des jésuites de la Province du Rwanda-Burundi, le Centre propose une approche holistique combinant soins médicaux, soutien psychosocial et réinsertion sociale. Grâce à des programmes tels que la thérapie agoniste aux opioïdes (TAO), qui utilise des médicaments comme la méthadone et la buprénorphine, le Centre aide les personnes à retrouver une stabilité et à prendre un nouveau départ. Plus qu’un lieu de traitement, c’est un lieu de seconde chance, où l’on redécouvre sa dignité et où la vie peut recommencer. Dans le cadre de cette mission de soins et de réinsertion, des personnes commencent à changer, comme ce fut le cas pour Gael.

« Je m’appelle Bizimana Gael. Je suis né à Nyakabiga et j’avais une belle vie. Quand je repense à cette époque, je n’aurais jamais imaginé que ma vie prendrait cette tournure. Tout a commencé de manière très simple, c’était quelque chose qui semblait inoffensif à l’époque. J’ai commencé à fumer des cigarettes avec des amis, juste pour m’amuser. Ça ne semblait pas grave, pas dangereux. Mais petit à petit, ce « jeu » s’est transformé en autre chose. Je ne me rendais pas compte que j’ouvrais une porte qu’il serait très difficile de refermer. Au fil du temps, j’ai commencé à consommer des drogues plus dures, notamment de la cocaïne. C’est là que tout a commencé à basculer. J’ai perdu le contrôle petit à petit, jusqu’à me retrouver dans une situation dont je ne pouvais plus m’échapper. Je dis toujours que je suis tombé dans un trou profond, car c’est exactement ce que je ressentais. Je voyais ce qui m’arrivait, mais je ne pouvais pas m’en sortir.

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Ce qui avait commencé par une consommation occasionnelle est devenu un besoin quotidien. Mon corps et mon esprit en dépendaient. Je ne choisissais plus, j’étais piégé. Chaque jour, la seule chose qui comptait était de trouver un moyen de me procurer de la drogue, juste pour me sentir normal, juste pour me sentir à l’aise un instant. Pour survivre dans cette vie, j’ai commencé à vendre tout ce que je possédais. Mes affaires ont disparu une à une. Et quand il ne restait plus rien, j’ai commencé à chercher ailleurs. Je volais tout ce que je pouvais trouver. Un objet qui pouvait valoir 500.000 francs burundais, je le vendais à 20.000 francs, juste assez pour acheter de la drogue. À ce stade, la valeur des choses n’avait plus aucun sens. La seule chose qui comptait, c’était la prochaine dose. Finalement, j’ai tout laissé derrière moi.

J’ai vécu 18 ans dans la forêt. Quand je raconte cela, beaucoup de gens sont surpris. Ils me demandent comment c’était possible. La vérité, c’est que quand on mène cette vie-là, on ne ressent pas la peur de la même manière. Normalement, n’importe qui aurait peur de vivre dans la forêt, mais pas moi. J’étais toujours sous l’emprise de la drogue, et cela m’ôtait la peur. Mais cela m’ôtait aussi tout le reste : la paix, le sens de ma vie, un but. C’était ma vie : l’isolement, la survie et la dépendance. Ma famille a souffert à cause de moi. Ils avaient peur chaque fois que je m’approchais d’eux. Ils savaient que je pouvais les voler, et je l’ai fait à maintes reprises. J’en suis arrivé à un point où plus personne ne me faisait confiance. J’avais perdu la confiance des personnes qui m’aimaient le plus. Avec le recul, je me rends compte que je ne vivais pas vraiment ; j’existais simplement, passant d’un jour à l’autre, contrôlé par quelque chose de plus fort que moi. Et puis, quelque chose a changé.

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C’est par la grâce de Dieu que j’ai rencontré Service Yezu Mwiza au Centre TAO. Cette rencontre a marqué le début d’un nouveau chapitre de ma vie. Au Centre, j’ai trouvé des gens qui ne me jugeaient pas, des gens qui m’ont accueilli tel que j’étais. Ils m’ont orienté vers le programme de traitement. J’ai donc commencé à prendre des médicaments comme la méthadone ou la buprénorphine. Ceux-ci m’aident à stabiliser mon organisme et à réduire mon besoin constant de drogue. Pour la première fois depuis de nombreuses années, j’ai commencé à me sentir stable. J’ai commencé à penser différemment et à voir qu’une autre vie est possible. La transformation a été visible, non seulement pour moi, mais aussi pour ma famille. Mes parents disent maintenant que j’ai complètement changé, et j’ai hâte de continuer à progresser maintenant que je peux aussi compter sur moi-même. »

L’histoire de Gael est l’une parmi tant d’autres au Centre TAO – Service Yezu Mwiza, où les personnes en situation de marginalisation sont accompagnées à travers des traitements, un soutien psychosocial et des programmes de réinsertion. Cette mission reflète les Préférences apostoliques universelles de la Compagnie de Jésus, en particulier l’appel à marcher aux côtés des exclus. Grâce à l’attention, à la compassion et à l’accompagnement, le Centre redonne de la dignité et offre un nouveau départ, nous rappelant que personne ne guérit seul et qu’aucune vie n’est sans espoir.

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Publié par Communications Office - Editor in Curia Generalizia
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Le Service des communications de la Curie Générale publie des nouvelles d’intérêt international sur le Père Général, sur le gouvernement central de la Compagnie de Jésus et sur les engagements des jésuites et de leurs partenaires dans la mission. Il assure également les relations avec les médias et le public.

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