« Soyez féconds et multipliez-vous »
Une expérience d’abondance en agriculture dans la Province de Kerala
Par Wilson Mulackal SJ
Wayanad est un district rural du Kerala, au sud-ouest de l’Inde. C’est une région populaire avec de beaux paysages et des forêts tropicales, des collines et des plaines, avec des rizières et d’autres types de végétation. Des hectares de terres sont convertis en plantations de café et de thé. Avec une population tribale d’environ 20%, la culture de la région a un charme unique.
Autrefois paradis de l’abondance, depuis plus de vingt ans, les fermiers de Wayanad ont été contraints d’abandonner leurs terres et luttent pour leur survie en raison de la destruction de leurs moyens de subsistance par les animaux sauvages et le changement climatique. Les habitants de Wayanad dépendent principalement de l’agriculture. Le faible prix des produits agricoles sur le marché et les changements climatiques comme la sécheresse ont entraîné un manque d’intérêt pour l’agriculture.
En 1987, les jésuites du Kerala ont lancé une nouvelle mission à Wayanad.
Nous avons acheté quinze acres de terrain à Pachilakad et construit une
résidence, Prasanthi. Le P. Mathew Pullattu était le supérieur et le F.
Kurian le directeur de la ferme (tous deux sont maintenant décédés). Ils
cultivaient du café, du poivre, de la noix de coco, des noix d’arec. La ferme
devint peu à peu une ferme modèle dans le district. La terre était très fertile
et donnait une récolte abondante. Elle a donc fonctionné de manière rentable
pendant un certain temps. Mais au cours des dix dernières années, l’exploitation
n’a pas été rentable en raison de l’augmentation des frais de main-d’œuvre et
de la destruction des cultures, en particulier des noix d’arec infectées par
des champignons. Pendant quelques années, l’exploitation était totalement
négligée.
J’ai été nommé directeur du Centre de counselling familial Prasanthi en 2020. Au bout d’un an, le Provincial m’a demandé de prendre en charge la ferme. Au début, j’ai hésité. Étant fils d’agriculteur, j’étais intéressé par une culture différente de la méthode traditionnelle. Avec l’aide d’un partenaire commercial, j’ai planté 3.500 bananiers. Je voulais expérimenter la polyculture avec des plants de café et des noix d’arec parmi les bananiers. Sans dépenses supplémentaires, j’ai planté 2.000 plants de café avec les bananiers. Ils ont très bien poussé. Au bout de deux, nous pouvons récolter les grains de café et après cinq ans, on commence à récolter les noix d’arec.
Au cours des deux dernières années, j’ai réalisé un bénéfice de 600.000 roupies indiennes (6.800 €) grâce à la culture des bananes. Notre exploitation est devenue très rentable. J’ai également planté 500 jeunes plants de poivriers parmi les caféiers. La terre est maintenant entièrement cultivée. Grâce au système de polyculture, j’ai pu réduire considérablement les frais de main-d’œuvre. Au cours des deux dernières années, Prasanthi, qui était autrefois déficitaire, est devenue rentable.
La leçon à tirer : la polyculture peut rapporter des bénéfices. Je m’efforce
de faire connaître aux agriculteurs les avantages de la polyculture, qui est
plus rentable pour leurs moyens de
subsistance.
De plus, en tant que jésuite, je montre mon engagement envers la 4ème PAU, prendre soin de notre maison commune : collaborer, avec la profondeur de l’Évangile, à la protection et au renouvellement de la création de Dieu. Cela est devenu concret grâce à la relance de la ferme. Lorsque d’autres agriculteurs observent notre plantation, notre façon de faire devient une source d’inspiration et un défi pour tous.
J’emmène souvent mes clients, ceux qui achètent nos produits, à la plantation. En voyant ce magnifique jardin verdoyant, ils oublient leurs blessures et font l’expérience de la guérison. Ils sont ravis de voir la variété de fruits et de légumes qui poussent sur la ferme.
J’ai l’intention de développer le Centre de counselling familial Prasanthi,
une autre œuvre de notre communauté, et la ferme Prasanthi en un centre
holistique de guérison au Kerala.







