La vocation des soignants : le service et la proximité avec les malades
Par le Frère Hubert Kufwakuziku, SJ
En cette année 2025, où l’Église célèbre le Jubilé de l’espérance, les 5 et 6 avril ont été proposés comme les jours où l’Église a pensé célébrer ce moment de grâces avec les malades, ainsi que ceux qui s’occupent d’eux au quotidien, c’est-à-dire les infirmiers et les travailleurs de la santé.
Pour moi, en tant que jésuite et infirmier, ce jubilé me donne plus de dynamisme et d’espoir pour vivre plus pleinement ma mission auprès de mes confrères jésuites malades. Je suis un frère jésuite, ayant une formation d’infirmier, et j’ai consacré toute ma vie dans la Compagnie de Jésus à être plus proche de ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur âme. J’ai travaillé pendant cinq ans en tant que responsable de l’infirmerie jésuite à Kinshasa et cinq ans en tant que responsable des soins infirmiers à l’hôpital jésuite de la paroisse de Djuma, en République Démocratique du Congo (RDC).
Ce noble métier m’aide à soutenir les personnes dans les situations de santé difficiles auxquelles elles sont confrontées et, surtout, à leur donner l’espoir et l’assurance que Dieu les aime et ne les abandonnera pas malgré leur situation. J’ai été témoin direct des effets dévastateurs de la pauvreté et du manque d’accès aux soins de santé dans les communautés que j’ai servies. Malgré les difficultés, je suis continuellement inspiré par la résilience et la force des patients dont je m’occupe. Apporter réconfort et soins à ceux qui en ont besoin me procure un sentiment d’épanouissement et de satisfaction que je ne pourrais trouver dans aucune autre profession.
Le métier d’infirmier exige que les infirmiers soient capables d’exercer leur sens aigu de l’observation et leur capacité d’écoute. Ils font appel à leurs compétences humaines et interpersonnelles (empathie, discrétion, respect, honnêteté) pour établir une relation de confiance avec le patient ou la personne malade. Ce qui favorise un meilleur dialogue afin de parvenir à un meilleur diagnostic infirmier et à un processus de soins efficace. Les soins infirmiers s’accompagnent de nombreuses responsabilités envers les patients et, dans mon cas, d’une grande responsabilité envers les jésuites malades et/ou âgés de l’infirmerie de Canisio, où je travaille actuellement.
Dans le cadre du Jubilé consacré aux malades et au monde de la santé, l’Église a braqué ses projecteurs sur les hommes et les femmes (médecins, infirmiers, agents de santé, bénévoles dans le secteur de la santé et agents de santé pastorale) qui consacrent leur vie aux malades, ainsi que sur les malades eux-mêmes. L’Église met en évidence, en effet, la relation de soin, de devoir, de service et de soutien que les agents de santé entretiennent avec ceux dont ils s’occupent, par rapport à la relation de dépendance que les malades ont avec les agents de santé. Par exemple, pendant la pandémie de COVID-19, les professionnels de santé du monde entier ont travaillé sans relâche pour soigner les personnes infectées par le virus, se mettant en danger pour sauver des vies. Les malades, quant à eux, ont compté sur ces professionnels de santé pour les soigner, les soutenir et les réconforter pendant cette période difficile. En tant que chrétiens, nous devons également prier pour la guérison et le rétablissement des malades, ainsi que de ceux qui en prennent soin.
En tant que jésuite, je ne considère pas mon travail dans le domaine des soins de santé comme un moyen de gagner ma vie, mais plutôt comme une vocation chrétienne. En considérant ma mission de cette manière, je me sens poussé à faire preuve de plus de compassion et d’attention envers les patients. Je considère mon rôle d’agent de santé non seulement comme un travail, mais aussi comme un moyen de vivre ma foi et de servir les autres dans le besoin. Au-delà des traitements médicaux, j’apporte également un soutien émotionnel et spirituel à ceux dont j’ai la charge. En abordant mon travail avec générosité et avec le sentiment d’avoir une vocation, je suis en mesure de faire une réelle différence dans la vie de mes patients.
Après avoir fait l’expérience de nos deux infirmeries (Servico à Kinshasa, en RDC, et Canisio à Rome), je suis convaincu qu’au-delà de l’accompagnement des malades, les soins infirmiers doivent les aider à avoir confiance en eux et à se sentir aimés et valorisés dans la société. C’est particulièrement le cas des malades incurables, qui risquent d’être considérés comme des fardeaux insurmontables. Chaque individu mérite de se sentir respecté et pris en charge, quel que soit son état de santé.
La responsabilité que nous avons en tant que soignants chrétiens revitalise notre foi en Christ et nous donne l’espoir d’être aux côtés de ceux qui sont désespérés et découragés par la vie en raison des problèmes de santé. Alors que nous réfléchissons à la souffrance de Jésus sur la croix pendant le Carême, nous pouvons voir l’acte désintéressé de Simon de Cyrène qui se proposa d’aider Jésus à porter son fardeau. Cet acte de compassion et d’assistance reflète le travail des soignants d’aujourd’hui, qui apportent soutien et aide à ceux qui en ont besoin.
Le Jubilé des malades et du monde de la santé est un rappel puissant que le travail de prestation de services sanitaires est précieux et a un impact. Il incite les individus à assumer leur rôle de soignants avec un dévouement et une détermination renouvelés, sachant que leurs efforts font une différence significative dans la vie de ceux qu’ils servent. Ce sentiment d’espoir peut encourager les soignants à poursuivre leur travail avec compassion et amour, incarnant véritablement l’esprit du Carême pendant ce Jubilé qui nous invite à devenir des pèlerins de l’espérance.







