Le projet jésuite PERCH au service des autres

Au service des réfugiés et des demandeurs d’asile en Malaisie

Ce n’est qu’en étant un homme ou une femme pour les autres que l’on devient pleinement humain

Père Pedro Arrupe, SJ - 28e Supérieur Général de la Compagnie de Jésus, 1973

Par cette simple phrase, le père Pedro Arrupe, SJ, a donné le ton quant à la manière dont les générations futures de jésuites, ainsi que ceux qui attachent de l’importance à la spiritualité ignatienne, doivent envisager une vie de ministère. Convaincu qu’il ne suffit pas de simplement faire de bonnes actions, le père Arrupe exhortait les personnes de bonne volonté à exercer leur ministère en relation avec les autres. Cela transforme notre action, qui passe de la « charité » à la « solidarité » – d’une bonne action à un apostolat qui protège et valorise la dignité de tous, en particulier des plus vulnérables d’entre nous.

Plus de 50 ans plus tard, le Père Général Arturo Sosa, SJ, a fait l’expérience du ministère du PERCH (Professional Education for Refugees and Communities at Hope – Programme d’éducation professionnelle pour les réfugiés et les communautés de l’espoir), un projet né de cette approche encouragée par son prédécesseur. Créé par les jésuites de Malaisie et de Singapour, le « Foyer de convalescence pour réfugiés Bienheureux Pierre Favre, SJ » fournit des soins médicaux aux réfugiés et aux demandeurs d’asile en Malaisie. Fondé dans la ville minière de Batu Arang, où les premiers immigrants sont arrivés au début du XXe siècle pour travailler dans les mines et les plantations, le PERCH est un lieu de convalescence et de répit pour les personnes déplacées originaires du Myanmar, de Thaïlande, du Pakistan, d’Afghanistan, du Sri Lanka, de Chine, du Vietnam et de nombreux autres pays, dont la plupart sont en situation irrégulière et n’ont que peu d’accès aux soins médicaux. Le PERCH est devenu une expression concrète de la spiritualité ignatienne en accompagnant les plus vulnérables, en marge de la société.

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Le PERCH est ouvert aux hommes, aux femmes et aux enfants, avec une capacité d’accueil maximale de 40 résidents. Malheureusement, l’absence de logements privés empêche le PERCH d’accueillir des familles. Les résidents sont orientés vers le centre par des cliniques locales, des organismes partenaires ou l’ONU. Des fractures et infections à la lèpre, en passant par le cancer et les AVC, le PERCH accueille autant de personnes qu’il est en mesure de soigner au sein de son établissement. Ceux qui prennent le risque de se rendre aux urgences en Malaisie constatent que les soins ne traitent que les symptômes, laissant souvent la cause sous-jacente non diagnostiquée, car ils sont renvoyés chez eux dès que la loi le permet.

Le Père Général a visité le centre réservé aux hommes et a rencontré chaque résident avec un sourire, une poignée de main et une prière. Il a rencontré des personnes comme Hein Soe, un homme de 72 ans originaire du Myanmar souffrant d’un cancer de la prostate présumé, qui réside au PERCH depuis plus de dix mois dans l’attente d’un examen qui déterminera le cours de sa vie. Ou encore Rohimullah, un homme de 52 ans qui a été abandonné par ses enfants après avoir subi un AVC. Il sait qu’ils n’avaient pas le choix, mais il passe désormais la majeure partie de ses journées assis dans son lit, rongé par une profonde tristesse. Ou encore Jolil, un jeune Rohingya qui a vécu si longtemps avec une maladie de Crohn non diagnostiquée que son affection est désormais devenue un handicap permanent et invalidant. De lit en lit, le Père Général, accompagné du personnel médical et d’un interprète, a écouté leurs histoires et ceux-ci lui ont exprimé leur gratitude : ils étaient reconnaissants de savoir que quelqu’un en dehors du PERCH les considérait comme des personnes à part entière, et non simplement comme des réfugiés.

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Après avoir rencontré les résidents et visité les équipements de rééducation physique, rudimentaires mais fonctionnels, le Père Général a écouté les témoignages des bénévoles, des sympathisants et du personnel médical qui composent l’équipe. Retenant parfois leurs larmes en décrivant leur expérience de travail aux côtés des résidents depuis plus de deux décennies, ils ont raconté au Père Général les difficultés auxquelles les réfugiés sont confrontés au quotidien.

L’une d’entre eux a évoqué ses confrontations avec la « haine populaire » : cette peur et ce dégoût des immigrés, fondés sur des mensonges et un pseudo-patriotisme, qui débouchent souvent sur des violences physiques. Un autre a expliqué que de nombreux résidents ne comprenaient pas à quel point des blessures simples auraient pu être facilement soignées – ce qui signifie qu’au moment où ils arrivent au PERCH, il n’est pas rare qu’une maladie banale soit devenue une menace pour leur vie. De simples infections se transforment en amputations. Les fractures s’infectent et se transforment en gangrène et en septicémie. Un autre encore a décrit comment les familles de réfugiés sont victimes de harcèlement de la part de ceux qui incitent d’autres personnes à perturber le fonctionnement des écoles accueillant des enfants immigrés. Chacune de ces personnes avait une histoire à raconter qui se terminait généralement par une expression de détresse : le sentiment que le monde a oublié, ou a choisi d’ignorer, ceux qui ont le plus besoin de l’aide des personnes de bonne volonté.

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La visite du Père Général au PERCH met également en lumière une réalité dérangeante concernant ces programmes à travers le monde. Suite à la suspension brutale des programmes d’aide étrangère en 2025, des projets comme le PERCH peinent à poursuivre leurs efforts humanitaires. Le Service Jésuite des Réfugiés (JRS), l’organisation internationale d’aide humanitaire gérée par la Compagnie de Jésus, a signalé que l’arrêt soudain du financement humanitaire soutenu par les États-Unis a perturbé des projets venant en aide à plus de 100.000 réfugiés dans plusieurs pays, notamment dans les domaines de l’éducation, de l’accompagnement psychosocial et de l’aide d’urgence, tout en contraignant l’organisation à rechercher d’urgence des financements de remplacement. Bien que la structure financière du PERCH diffère de celle des programmes du JRS, le resserrement des budgets à l’échelle mondiale a entraîné la fermeture de centaines de programmes d’aide humanitaire destinés aux plus vulnérables. Un défi insurmontable pour ceux qui vivent déjà dans des conditions extrêmement défavorables.

Malgré ces défis, le PERCH continue d’incarner la conviction jésuite selon laquelle chaque personne mérite dignité et respect. Ancré dans les valeurs ignatiennes, soutenu par un personnel dévoué et porté par des bénévoles et des bienfaiteurs, le PERCH incarne l’idéal d’être des hommes et des femmes pour les autres.

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Publié par Communications Office - Editor in Curia Generalizia
Communications Office
Le Service des communications de la Curie Générale publie des nouvelles d’intérêt international sur le Père Général, sur le gouvernement central de la Compagnie de Jésus et sur les engagements des jésuites et de leurs partenaires dans la mission. Il assure également les relations avec les médias et le public.

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